Pour les adolescents, Internet
est un formidable vivier d’informations, de découvertes et d’interactions
sociales. Pour autant, les risques liés à Internet, s’ils changent de visage,
sont toujours présents. Un accompagnement des adolescents dans leur activité
numérique reste donc nécessaire.
En grandissant l’ado a acquis
progressivement son autonomie dans l’usage des écrans. A ce stade, il n’est pas
souhaitable d’avoir un regard sur les contenus qu’il visionne et échange. En
effet, l’adolescent a besoin d’avoir son espace personnel, sa bulle d’intimité
et de choisir ce qu’il en dévoile à son parent, ce processus participe à
l’autonomisation psychique.
L’éducation au numérique passe avant tout par le dialogue et la transmission d’informations, et pourquoi pas une réflexion partagée, par exemple, autour de la collecte des données personnelles, des fake news …
Dans cet article, nous allons
nous intéresser à la prévention de deux risques particuliers associés aux
écrans : la dépendance et les mauvaises rencontres. Dans l’article
suivant, nous nous pencherons sur le cyberharcèlement.
- La dépendance
La dépendance aux activités numériques, notamment aux jeux vidéo et aux réseaux sociaux, constitue l’un des principaux risques auxquels sont confrontés les adolescents. L’environnement social le favorise : d’après l’Observatoire français des drogues et toxicomanie, en 2016, les jeunes de 11 ans passaient en moyenne 5 heures par jour devant les écrans, et ceux de 15 ans 8 heures !
A partir de quel moment parle-t-on de dépendance ?
Quand on observe que l’adolescent
passe de plus en plus d’heures sur l’écran, qu’il s’enferme dans ce seul centre
d’intérêt, au détriment des autres activités sociales, familiales, scolaires,
qu’il se replie sur lui, on peut se poser la question de l’addiction.
L’adolescent dépendant semble ne pas pouvoir se passer de cette activité même
quelques jours, il peut aussi mentir et dissimuler, pour passer plus de temps
sur les écrans.
D’autres signes peuvent interpeller, comme la baisse des résultats scolaires, les troubles de la concentration ou encore les troubles du sommeil.
Comment prévenir la dépendance ?
Pour prévenir la dépendance, mieux
vaut fixer les règles en amont. Ces règles peuvent faire l’objet de
négociation : temps maximal par jour ou par semaine, moments dans la
journée où l’accès aux écrans est autorisé. La participation de l’adolescent à
l’élaboration des règles peut l’aider à mieux les respecter.
Il est souhaitable dans les temps
forts en famille, comme les repas et les activités, que les écrans n’aient pas
leur place. Il est également préférable que l’adolescent n’ait pas accès aux
écrans la nuit, car cela peut perturber la qualité de son sommeil.
Proposer des activités
alternatives permet à l’adolescent d’expérimenter différentes manières de
prendre du plaisir, découvrir, partager…en dehors de l’activité numérique.
Une attitude parentale ouverte
peut contribuer à désamorcer les conflits. Ainsi, s’intéresser à ce qui
intéresse son enfant sur Internet, montrer une curiosité pour ses goûts,
accepter de regarder ce qu’il souhaite en dévoiler permet de favoriser un
climat d’échange et de dialogue. De cette manière, l’adolescent sera lui aussi
plus réceptif à la prise en compte des règles parentales.
De manière préventive, il est intéressant de transmettre des informations sur les risques, dès l’entrée dans l’adolescence. Ainsi, les jeux vidéo en ligne multijoueurs sont très addictogènes, car ils combinent aventure, combats et sentiment d’appartenance à un groupe. L’adolescent informé peut mieux résister à la tentation.
Enfin, pour donner de la
légitimité aux règles, mieux vaut soi-même donner l’exemple et limiter son
temps d’écran pour se consacrer à d’autres loisirs.
A partir du moment où la
dépendance est déjà installée, il peut être judicieux que l’adolescent soit
accompagné par un professionnel, pour traiter son addiction, car il s’agit d’une
véritable maladie. Dans ce cas, le soutien et l’écoute parentale sont plus que
jamais bénéfiques.
2 – Les mauvaises rencontres
Sur Internet, il y a un
effacement de la frontière entre l’intime et le public. Le virtuel et la
distance créée par l’écran, favorisent paradoxalement les confidences,
l’intimité relationnelle. Certains pédophiles en profitent pour rencontrer des
ados en mentant sur leur identité.
Par exemple, un adulte
pervers peut se faire passer pour un adolescent. Il établit un lien de
confiance en envoyant des photos d’un adolescent (en réalité, un autre ado avec
qui il est en lien) de façon à obtenir des photos en retour. Et ça
marche ! N’oublions pas que l’adolescence est une période de vie propice à
l’ouverture à l’autre, à la spontanéité et à la prise de risque. Le plus
souvent, et c’est tant mieux, pour le meilleur !
Quels moyens de protection parentale, face aux mauvaises rencontres ?
Les parents peuvent aider
l’adolescent à prendre conscience qu’Internet est un espace public et non
privé. De ce fait, des règles de prudence s’imposent, exactement comme dans la
rue. Il est important de ne pas donner des informations trop personnelles sur
soi, comme son adresse postale. Il est aussi nécessaire de ne pas envoyer des
photos de soi dénudé, toutes ces informations risquant de tomber dans de
mauvaises mains. On peut, dans cet état
d’esprit, configurer les comptes de son ado (ou lui demander de le faire) pour
qu’ils soient restreints à ses amis. On peut aussi établir la règle préalable
qu’aucune rencontre dans le monde réel ne peut avoir lieu avec des amis
virtuels, en y mettant du sens.
Installer l’ordinateur dans une
pièce principale et commune de la famille peut favoriser la prudence de
l’adolescent. (Les jeunes qui ont un ordinateur dans leur chambre passent par
ailleurs deux fois plus de temps sur le Net que ceux qui utilisent l’ordinateur
familial, ça fait réfléchir !)
Bien sûr, les adolescents
consultent souvent Internet sur leurs téléphones portables, donc loin de la
présence parentale. De ce fait, la prévention et le dialogue sont plus que
jamais les meilleurs alliés de l’éducation au numérique.