Les écrans offrent à nos enfants de multiples possibilités d’apprentissages et de découvertes. Cependant, ils les exposent aussi à un certain nombre de risques, pour lesquels nos chers bambins n’ont ni la maturité ni le discernement nécessaire pour faire face.

Grâce à l’éducation aux écrans et au numérique, nous pouvons, nous les parents, prévenir un certain nombre de ces risques, parmi lesquels:

  • l’exposition à des images violentes ou pornographiques
  • la dépendance aux jeux vidéos et aux réseaux sociaux
  • les mauvaises rencontres
  • le harcèlement sur les réseaux sociaux

Voyons d’abord comment gérer les écrans avec nos enfants et les protéger des images pornographiques et violentes. Nous verrons dans un deuxième article, comment accompagner nos ados, dans leur activité numérique.

Gérer les écrans, protéger les enfants

  1. Fixer des règles en amont

Avec les enfants, les conflits familiaux autour des écrans sont légion courante ! Pour limiter les tensions, mieux vaut fixer des règles claires dès le départ. Si l’enfant sait à l’avance qu’il a un temps limité, par exemple une demi-heure, il acceptera d’autant plus facilement de mettre un terme à son visionnage. Et pour que la règle soit bien intégrée, mieux vaut éviter de se laisser embarquer dans des négociations pour prolonger le temps d’écran « juste aujourd’hui » ! Un délai de cinq minutes peut cependant permettre une certaine souplesse pour l’enfant : il sait qu’il peut finir une scène, un combat…

Pour un enfant de moins de six ans, qui n’a pas encore la notion du temps, on peut lui proposer  un nombre d’épisodes de son dessin-animé préféré fixé à l’avance, ou encore une scène butoir pour cesser le visionnage d’un film.

Quelle durée choisir ? Il n’y a pas de règle absolue, cela dépend des familles. Le psychiatre Stéphane Clerget propose, à partir de trois ans, une heure par année d’âge par semaine, autrement dit quatre heures par semaine à quatre ans. Avec tout de même un plafonnement à douze heures. Cette règle me parait intéressante en tant que maximum, mais il est bien sûr possible (souhaitable ?) de fixer des limitations en deçà.

Le psychiatre Serge Tisseron propose d’appliquer la règle du 3-6-9-12. Plus précisément, il s’agit de ne pas mettre un enfant de moins de trois ans devant un écran, de ne pas jouer à des jeux vidéos avant six ans, de ne pas avoir accès à Internet seul avant neuf ans et de ne pas accéder aux réseaux sociaux avant douze ans.

Pour une meilleure application de la règle de limitation, il est préférable que l’enfant n’ait pas accès à des écrans de TV, d’ordinateur, de console ou de smartphone dans sa chambre. Ce principe, qui vaut pour les 0-12 ans, possède en outre un grand intérêt : il permet d’avoir une attention parentale sur ce que regarde l’enfant. En effet, 80% des programmes regardés par les 3-12 ans ne leur sont pas destinés ! (Médiamétrie, 2011) C’est dire si l’exposition aux images violentes et pornographiques constituent un véritable risque pour nos enfants.

  • Prévenir l’exposition à des images de violence

Pourquoi tant d’enfants (mais aussi d’adultes !) aiment regarder des images violentes alors que cela n’apporte pas de plaisir ? Il y a plusieurs raisons à cela. Tout d’abord, cela permet de s’identifier à des personnages représentant la force et le courage. La recherche d’images violentes peut aussi avoir valeur de rite initiatique, particulièrement chez les garçons. Par ailleurs, la recherche d’images qui amènent de l’anxiété permet d’affronter l’anxiété pour mieux s’y préparer.

Mais quand l’enfant est trop jeune pour faire face aux images violentes, les conséquences sont problématiques. L’enfant n’est pas en capacité de traiter de telles images, elles ont sur lui un effet sidérant, elles font effraction dans son esprit et s’inscrivent dans sa mémoire traumatique, générant stress et angoisse.

Une attention aux images que regarde l’enfant est donc nécessaire, ainsi que des règles claires sur les programmes qu’il a le droit de regarder, ceux qui ne lui sont pas accessibles.

En plus de cette approche préventive, il est souhaitable de parler à l’enfant, en amont, pour l’informer des dangers de la violence sur les écrans et l’inviter à éteindre/partir s’il y est exposé par inadvertance.

Si malgré toutes ces précautions, l’enfant est exposé à des images violentes qui le perturbent, il peut avoir besoin de se sentir soutenu et écouté, de verbaliser ses émotions. N’oublions pas que ce qui nous parait anodin ne l’est pas toujours pour nos chères têtes blondes. Il vaut donc mieux accueillir les émotions de l’enfant et le consoler, plutôt que chercher à banaliser ou minimiser son expérience. C’est parce qu’il se sent écouté et compris par un adulte que l’enfant pourra surmonter cette épreuve.    

  • Prévenir l’exposition à des images pornographiques

Même sans chercher le sexe, sur Internet le sexe vient à l’enfant, à travers les Pop-up, ces invitations à naviguer sur des liens, qui dirige l’enfant vers des contenus pornographiques

Si l’enfant n’est pas encore pubère, c’est une grande violence qui lui est faite. La curiosité initiale pour l’acte sexuel est naturelle et normale chez l’enfant. Mais les images pornographiques sont traumatisantes : c’est l’irreprésentable qui fait effraction dans l’esprit de l’enfant. Le flot d’angoisse associé au traumatisme peut perturber leur sexualité à long terme.

Que faire, en tant que parent ?

L’utilisation de logiciels de contrôle parental est nécessaire à minima, mais pas suffisant. En effet, le contrôle parental peut être facilement détourné. Par exemple, certains individus peu scrupuleux achètent des noms de domaines non renouvelés pour faire lien vers des sites pornographiques. Parfois, des mots anodins comme « amour » peuvent diriger vers ce genre de sites. 

Jusqu’à 12 ans, il est préférable de vérifier les favoris et historique de navigation de l’enfant, ses téléchargements, sa boîte mail, en toute transparence. C’est une attention nécessaire et légitime, pour protéger l’enfant. On peut faire l’analogie avec les dangers de l’extérieur. Un parent ne laisserait pas son enfant sortir seul le soir, ce serait trop dangereux. De même, il n’est pas souhaitable de laisser son enfant « sortir seul » sur Internet.

Si malgré toutes ces précautions l’enfant est tout de même exposé à des contenus pornographiques, il convient avant tout de le rassurer : ce n’est pas de sa faute, il n’a rien fait de mal. Il est nécessaire d’être à l’écoute et soutenant. Cet accompagnement n’est toutefois pas toujours suffisant et il peut être intéressant de proposer alors à l’enfant d’aller « voir un  psy » pour quelques séances afin de traiter son traumatisme.  

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